Remplacer sa voiture thermique par une voiture électrique est la mesure qui réduit le plus votre impact carbone

02 septembre 2019 09:09:06

Nous avons quantifié l’impact carbone des 5 mesures les plus efficaces pour réduire vos émissions de CO2. Troquer son vieux diesel contre une voiture électrique est la mesure la plus efficace. Démonstration.

Pour commencer, quelques ordres de grandeur : le Belge moyen émet 10,5 tonnes[1] de CO2 par an.

Selon les études réalisées, il est admis que le niveau d’émissions soutenable à long terme pour éviter des dérèglements climatiques majeurs sur la planète est de 2 tonnes par personne et par an[2], ce qui correspond grosso modo à une division par 5 de nos émissions actuelles.

A titre de comparaison, en 2017, l’Européen moyen émettait 8,8 tonnes ; un Français, 7,2 tonnes et un Allemand, 11,3 tonnes.

Au niveau mondial, un Qatari émettait 49,2 tonnes en 2017, un Koweïtien, 25,2 tonnes, alors qu’un Américain n’émettait « que » 16,2 tonnes.

 

Un moyen de transport individuel 4 fois moins émetteur de CO2

Rouler en voiture électrique est de toute évidence la mesure qui a le plus gros impact sur notre bilan carbone annuel.

Soyons clairs : le bilan carbone de la voiture électrique n’est pas neutre, loin s’en faut.

Mais les émissions de CO2 d’un véhicule électrique sont malgré tout 4 fois inférieures à celles d’une voiture thermique de gabarit comparable.

Un changement de comportement vers la voiture électrique permet donc d’économiser 75% des émissions de CO2 d’une voiture thermique. Les émissions annuelles d’une voiture thermique atteignent en moyenne 2,2 T/an (15.000 km/an à 150 g de CO2/km). En optant pour la mobilité électrique, dont plusieurs études confirment un niveau d’émissions moyen de 40 g/km sur tout son cycle de vie, l’économie s’élève en moyenne à 1,65 tonne/an.

 

Plus efficace que l’avion ?

L’impact est plus important que d’éviter un voyage en avion par an d’une durée de 2 heures (voyage intra-européen).

Il ne s’agit bien sûr que de moyennes. Car si vous renoncez à un voyage en Thaïlande, vous économiserez 4 tonnes CO2, ou jusqu’à 7 tonnes si vous renoncez à visiter l’Australie.

Mais partir en train en Europe au lieu de voyager en avion permettrait de réduire ses émissions moyennes d’environ 900 kg[3] de CO2.

Les chiffres varient bien sûr selon les sources. Ces différences s’expliquent par le fait qu’il y a 2 méthodes de calcul des émissions de CO2 liées aux voyages en avion : la première calcule la quantité de CO2 en fonction de la consommation moyenne de l’avion, de la distance parcourue, du taux de remplissage moyen et de l’énergie grise liée à la fabrication de l’avion ainsi qu’à son entretien. La deuxième prend en compte le taux de forçage radiatif[4] lié aux nuages générés par les avions. En mai 2018, la revue Nature Communication déclarait que les nuages causés par les avions avaient sans doute un impact plus important que le carburant brûlé par les appareils.

 

Quelles autres mesures sont efficaces ?

On considère que l’isolation de la toiture permet une économie de 30% de l’énergie (en moyenne 20 000 kWh/an pour le chauffage). L’économie réalisée s’élèverait à 1,2 tonne de CO2/an.

En remplaçant la moitié des repas contenant de la viande par des repas végétariens,  on peut réduire son impact carbone d’environ 600 kg CO2/an. On estime en effet que l’impact annuel d’une consommation de viande moyenne s’élève à 1,2 tonne CO2/an.

Quant à  notre façon de s’habiller, le lèche-vitrine a également un gros impact sur l’environnement. Les études estiment que l’industrie textile est responsable entre 3% et 10% des émissions de CO2 mondiales.

Le meilleur tee-shirt est bien sûr celui qu’on n’achète pas.

Car la fabrication de vêtements en coton nécessite un processus très énergivore : un tee-shirt blanc homme coton de 155 g a émis 6,5 kg de CO2. Et on ne vous parle pas des 2.500 litres d’eau, ainsi que des pesticides, insecticides et colorants chargés en métaux lourds que sa fabrication a nécessités …

Le même tee-shirt en coton bio n’émet que 0,67 kg de CO2, soit 10 fois moins.

En n’achetant que des vêtements en textile bio, nous pouvons ainsi réaliser une économie de 340 kg de CO2 par an.

Nous n’avons comparé ici que 5 mesures parmi celles qui nous semblent avoir le plus grand impact sur nos émissions de dioxyde de carbone.
Les chiffres cités n’enlèvent rien à l’intérêt de manger bio et local, de viser le zéro déchet, de conserver son gsm un an de plus, de rouler en vélo électrique ou d’installer une citerne à eau, mais, pour ceux qui doivent absolument se déplacer en voiture individuelle, ils mettent en lumière l’impact positif important de la voiture électrique sur notre empreinte globale.

 

[1] Source : https://ec.europa.eu/eurostat. Les chiffres sont exprimés en unités équivalent CO2, et regroupe l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre contenus dans le « panier de Kyoto » (CO2, CH4, N2O, gaz fluorés et SF6). Ce chiffre varie selon les sources : il diffère selon que l’on parle des émissions individuelles de CO2 (CO2 émis dans le pays) ou de l’impact carbone, c-à-d qu’il englobe les émissions indirectes (produits importés). Le site Planetoscope.fr parle de 11,9 tonnes CO2/hab/an.

[2] Les chiffres varient aussi selon la méthodologie appliquée : selon que l’on calcule la totalité des émissions de CO2 admissible, rapportée au nombre d’habitants de la planète, ou si l’on tient compte du fait que plusieurs pays émettent déjà sensiblement moins que le seuil de 2 T/hab/an, ce qui permettrait aux pays industrialisés d’émettre jusqu’à 4,5 T/hab/an.

[3] http://calculateurco2.org/avion/?lang=fr.

[4] Le forçage radiatif exprime le déséquilibre d’origine humaine entre l’énergie entrante (rayonnement solaire) et l’énergie sortante de l’atmosphère. On estime à 4% de le pourcentage de forçage radiatif anthropogénique lié au secteur de l’aviation.

5 réponses à “Remplacer sa voiture thermique par une voiture électrique est la mesure qui réduit le plus votre impact carbone”

  1. bonjour,
    juste un petit ajout à la partie voiture électrique ,le plus intéressant est de convertir sa voiture thermique en électrique , il y a peut être a modifier des règlementation pour cela ! techniquement c’est faisable depuis longtemps .

    patrick collot

  2. Complémentairement :
    La VE est écologique !

    A lire : http://www.leparisien.fr/economie/vehicules-electriques-700-000-tonnes-de-batteries-a-recycler-en-2035-12-08-2019-8132193.php?fbclid=IwAR1dtUOJXFUGNGrVC67AuSlwNT9klm4URFSxJYBwSXTZDpgknzw-ZbmjFGg

    Et encore cette étude ne tient pas compte des facteurs suivant et qui diminuent encore fortement l’impact écologique d’une VE :

    1° Ils prennent en compte 6,7 tonnes de CO² pour la fabrication de la voiture et par rapport à la batterie inclus, 3,15 tonnes de CO² mais ils ne mentionnent pas que passé 45000 km, une VE de 30 kWh
    a effacé l’empreinte grise de sa batterie !
    http://www.automobile-propre.com/voiture-electrique-impact-carbone-batteries/
    Le bilan CO² doit donc être retranché de 3,15 ce qui donne 3,06 tonnes de CO² pour la fabrication

    N.B. JE trouve encore ce calcul biaisé (et donc défavorable à la VE) par le fait qu’une VE a 100 fois moins de pièces mobile qu’une VE

    2° la prise en compte des particules fines dont la principale origine est la cumulation usure des plaquettes de frein, pneus et goudron : le freinage régénératif d’une VE use très peu les plaquettes (un propriétaire de Tesla a d’ailleurs fait plus de 300.00 km avec)

    3° les consommations électrique cachées de VE par litre de carburant produit :

    « La consommation d’énergie nécessitée pour la production, le raffinage, le transport et la distribution de la quantité de carburant que consomme une voiture thermique pour parcourir une certaine distance correspond à plus de la moitié de l’électricité utilisée par un véhicule électrique pour parcourir cette même distance. »

    En ce qui me concerne (Leaf 30 kWh), sachant qu’un litre de carburant nécessite un kWh pour le produire, arrivant à une moyenne annuelle de consommation en VE de moins de 12 kWh/100 (actuellement 8,8), c’est plus de la moitié d’électricité qu’il faudrait pour faire rouler une VT !

    http://www.automobile-propre.com/consommations-energetiques-cachees-vehicules-moteur-thermique/?fbclid=IwAR0rttIxSAT0h7fIrfPH2aCG99WlFePl7p_olD0GrVnYFROnBKDq9oiCUJM

    4°Les batteries de VE sont 100% recyclées du moins en Belgique par BeBat

    MIEUX ENCORE :

    Si on prend en compte les données de l’article du Parisien telles qu’elles sont, la VE effacera son empreinte grise totale en moins de TROIS ans et après voir parcouru 135000 km (pour une VE de 30 kWh) , compte tenu que la batterie efface sa propre empreinte grise en 45.000 km (en s’alimentant conventionnellement).
    http://www.automobile-propre.com/voiture-electrique-impact-carbone-batteries/

    De plus, le moteur d’une VE est en plus prévu pour rouler plus d’un million de km !

    Dans mon propre cas, ayant acquis d’occasion une Leaf (2016) qui avait 21.000 km et qui en a actuellement 38.000 km, elle a sans doute déjà effacé toute son empreinte grise car je n’utilise que de l’électricité provenant du photovoltaïque !

    A lire : http://www.leparisien.fr/economie/vehicules-electriques-700-000-tonnes-de-batteries-a-recycler-en-2035-12-08-2019-8132193.php?fbclid=IwAR1dtUOJXFUGNGrVC67AuSlwNT9klm4URFSxJYBwSXTZDpgknzw-ZbmjFGg

  3. Attention, tout dépend du mix énergétique de la production d’électricité utilisée.

    Si c’est à la centrale au charbon (ou au diésel), la voiture électrique produit à l’usage plus de CO2 qu’une voiture thermique (vu le rendement du passage diésel-électrique, les pertes de réseau et les pertes via la batterie)

    Si c’est 100% nucléaire ou énergies renouvelables, c’est 0 CO2 par Km à l’usage.

    Il faut connaître le mix énergétique utilisé pour vérifier les calculs mentionnés. En France et en Belgique (beaucoup de nucléaire) le calcul reste intéressant actuellement. Après la sortie du nucléaire, il faudra voir quelle portion de l’électricité est produite en renouvelable … et surtout s’il y aura assez d’électricité pour tous les usages.

    • Selon certaines sources que nous jugeons fiables (VUB – Dept MOBI – Dr. Maarten Messagie et Joeri van Mierlo), le bilan CO2 de la voiture électrique (LCA) serait, en moyenne en Europe, 55% inférieur à celui d’une voiture thermique de même gabarit.

      Comme vous le dites, ce résultat varie en fonction du mix énergétique.
      En Belgique, le résultat serait de -65% de CO2, et en France de -80%.
      Même dans les pays où le mix énergétique est fort carboné (ex. Pologne avec le charbon et la lignite), le résultat serait encore positif de 25%.

      Des résultats semblables ont été confirmés dans d’autres études, notamment réalisées par le M.I.T. et le ICCT.

      En outre, toutes ces études ne tiennent pas compte de différents paramètres :
      – la longévité des VE est sensiblement plus élevée que celle des VTh (on parle de 300000 à 500000 km, mais des retours d’expérience aux USA parlent de 1 000 000 km parcourus avec une Tesla. Nous avons encore peu de recul à ce niveau-là);
      – les mix énergétiques verdissent de plus en plus (objectifs europées, développement des énergies renouvelables)
      – la fabrication des batteries sera de moins en moins impactante (cf. Gigafactory de Tesla : alimentée essentiellement à partir de EnR). Notons également que les chiffres qui circulent sur l’impact carbone du processus de fabrication des batteries ont été réalisés à partir d’unités de production relativement modestes, et donc ne peuvent bénficier des économies d’échelles comme dans une Gigafactory ou autre unité de production à grande échelle).
      – enfin, on sous-estime souvent le rôle positif que les batteries de VE pourront jouer à terme dans les schémas V2G, B2V ou V2House, et l’impact positif que ces schémas auront en termes de CO2.

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