La vision d’AMPERes sur l’automobile du futur

01 janvier 2018 12:01:00

AMPERes ne milite pas uniquement pour la motorisation électrique mais, dans un cadre bien plus large, pour une utilisation durable et écologique de la voiture. Pour y arriver bien des changements seront nécessaires et nous devrons modifier bon nombre de nos habitudes. Dans ce dossier nous vous présentons la vision d’AMPERes pour l’automobile du futur.

Les détracteurs du véhicule électrique vous diront «  le modèle automobile actuel est insoutenable, alors ce n’est pas changer la motorisation qui va modifier quoi que ce soit » ou « donnons des subsides aux transports en commun ou aux vélos électriques plutôt qu’aux voitures électriques qui sont l’apanage des nantis bobos écolos».

Et dans l’état actuel des choses ils ont parfaitement raison. La voiture telle que nous la connaissons aujourd’hui est l’archétype d’un produit individuel de grande consommation non durable qui a oublié son objectif premier : « transporter les gens » et pas

  • ME transporter
  • polluer
  • provoquer des maladies
  • accélérer le changement climatique
  • créer de l’instabilité géopolitique
  • coûter très cher
  • rendre jaloux le voisin
  • provoquer des accidents parfois mortels,…
  • rester à l’arrêt 95% du temps
  • enlaidir les villes
  • coincer les gens dans des embouteillages

 

AMPERes ne défend pas du tout ce modèle. Par contre l’automobile peut retrouver son objectif premier si les mentalités changent. A titre d’exemple, l’auto-partage, qui commence à s’installer à Paris, est un premier pas. Mais il faut aller beaucoup plus loin dans la logique si l’on veut gommer petit à petit tous les défauts de ce mode de transport et lui rendre sa vocation première et ses lettres de noblesse.

 


AMPERes veut promouvoir une autre mobilité, propre, durable et responsable. Pour nous la voiture du futur devrait être :

 


A L’HORIZON 2030:

  • majoritairement équipée d’un moteur électrique (moins d’entretiens et d’émissions de particules fines/NOx/CO2). Dès que le prix d’achat, les infrastructures de recharge et l’autonomie ne seront plus pénalisants par rapport aux véhicules thermiques, le processus sera irrévocable. Nous sommes tout proches de ce point de basculement

 

  • de moins en moins la cause d’embouteillages grâce au télétravail, l’autopartage et les horaires flexibles

 

  • consciente en permanence de son environnement grâce à ses capteurs comme les autres véhicules et obstacles. L’informatique assiste le conducteur pour améliorer la sécurité et la fluidité du trafic car, en cas de travaux ou de début de congestion (panne, embouteillage), les itinéraires peuvent être modifiés de manière très réactive et automatique afin d’empêcher le blocage d’une artère

 

 

A L’HORIZON 2040:

  • massivement alimentée en électricité verte produite localement (ex: routes photovoltaïques), elle cesse de participer au changement climatique et d’attiser les tensions géopolitiques en consommant à outrance du carburant fossile

 

  • à l’arrêt elle contribuera à l’équilibrage du réseau: elle lissera, si nécessaire, les pics de production renouvelable et de consommation. Elle pourrait même constituer un moyen de stockage et alimenter l’habitation en cas de panne réseau

 

  • ses batteries permettent un nombre de cycles quasi-infini et une recharge presque instantanée. L’autonomie de chaque véhicule n’est donc plus un critère limitant dès lors que des points de charge sont disponibles partout. Les batteries sont devenues plus légères et cela économise les ressources et la consommation

 

  • chaque véhicule, panneau, feu de signalisation possède une puce et est géo-localisable par l’ensemble des autres véhicules pour minimiser les infractions, freinages et donc pertes énergétiques et émission de particules fines. Le véhicule détecte tout danger même dans l’obscurité (verglas, branches, piétons…),réagit en conséquence et prévient les autres véhicules par gestion informatique centralisée

 

  • complètement autonome ce qui permet de supprimer les principales causes d’accidents de la route : fatigue, alcoolémie, distraction, incivilités, excès de vitesse, etc. de même que les délits de fuite. Le trajet n’est plus une perte de temps et permet de vaquer à d’autres occupations

 

  • elle devient un transport en commun.  L’informatique optimise les déplacements et l’occupation (covoiturage systématique), cela réduit drastiquement le nombre de véhicules présents sur les routes et minimise les coûts individuels (paiement au km). Elle est le moins possible à l’arrêt

 

Le but ultime c’est que progressivement l’automobile ne soit plus :

  • un enjeu de possession individuelle (évite jalousies, vols, surcoûts pour le ménage, sous-utilisation, épuisement des ressources). On l’utilise et paie son usage uniquement quand on en a besoin (pour chaque déplacement, le véhicule est commandé quelques minutes à l’avance comme un taxi via une application)

 

  • une apologie de la vitesse ou de l’individualisme (puissance moteur et capacité batterie réduites au strict nécessaire). Le nombre de véhicules est fonction des besoins de la communauté. Dès qu’il y a 2 bandes de circulation les véhicules roulent à la même vitesse (radars obsolètes) pour minimiser les ralentissements

 

  • un objet de consommation. Elle est plus légère, réparable, évolutive et tous ses composants sont hautement recyclables car fabriqués à partir de biomatériaux

 

  • un facteur d’enlaidissement des espaces publics. Les véhicules sont regroupés dans des parkings (si possible souterrains) localisés à des endroits stratégiques. Le gain de place permet l’embellissement des abords. En ville, les innombrables parkings sur le bord des routes sont remplacés par bancs, pelouses, arbres et pistes cyclables

 

Cette vision à long terme est la seule viable. Les évolutions technologiques nous permettront de l’atteindre progressivement (d’abord dans les villes). Les développements actuels vont dans ce sens

  • batteries au graphène
  • routes photovoltaïques
  • auto-pilote
  • recharge par induction
  • réseau intelligent
  • autopartage
  • bio-plastiques
  • voitures connectées avec capteurs

 

En matière de mobilité la motorisation électrique n’est donc qu’une première étape parmi bien d’autres changements profonds…Il est aussi de la responsabilité des politiques wallons de tout mettre en œuvre pour atteindre cet objectif. Nous en attendons donc beaucoup plus de leur part. Les exemples ne manquent pourtant pas dans les pays voisins…

 

EN RÉSUMÉ : AUTOMOBILE DU FUTUR = ÉLECTRIQUE + AUTONOME + PARTAGÉE

 

Illustration:

15 mars 2037 – 16h15 : dans un quart d’heure ma journée de travail s’achève. Mon smartphone me rappelle de planifier mon trajet du retour. J’ouvre l’application « SmartRoad » qui m’indique que le trafic est fluide mais qu’il y a un risque de précipitation.


J’ai 3 options par ordre croissant de tarif: prendre un vélo électrique, appeler un véhicule électrique collectif ou individuel. Vu le risque de pluie, je prends l’option du véhicule collectif. L’application m’indique directement que 3 employés de l’entreprise voisine feront le trajet avec moi. C’est donc un véhicule 4 places qui passera nous prendre.

 

16h30 pile : Nous sortons du zoning et déjà la voiture ralentit sans freiner. Sans encore l’apercevoir nous savons qu’un autre véhicule arrive de la droite. Le véhicule interrompt poliment notre discussion pour demander s’il peut faire un détour de 87 secondes pour faire le plein d’énergie verte à une station de la RPRR (Route Photovoltaïque à Recharge Rapide). Nous acceptons et poursuivons notre conversation.

 

Les autres navetteurs sortent d’un drink arrosé. Je souris en me disant qu’il y a 10 ans ils auraient pris le volant dans cet état. Nous discutons des coûts en voiture collective et concluons qu’ils sont très inférieurs aux 500 euros mensuels que nous déboursions autrefois pour nos véhicules individuels. Après un court arrêt pour déposer 2 occupants à la salle de sport, mon dernier co-voitureur me demande si j’ai déjà été piégé dans un embouteillage depuis que j’utilise l’AGG (Autopartage à Gestion Globale). Ma réponse est négative.

 

Après quelques minutes, la voiture dépose mon interlocuteur à son domicile en lui indiquant de ne rien oublier et de laisser le véhicule dans un état  impeccable. Je profite du trajet restant pour faire des achats sur internet. Comme annoncé, nous croisons une averse. Après m’avoir déposé chez moi, le véhicule part se recharger au parking souterrain situé sous le parc éolien voisin pour continuer inlassablement sa mission de transport collectif…

 

Dans ma rue, des ouvriers finissent de faire sauter le vieux bitume des places de parking obsolètes qui jonchaient la route de part et d’autre. Un côté sera recouvert par une double piste cyclable photovoltaïque et l’autre par des espaces fleuris, des bancs ainsi que des arbustes. Devant chez mon voisin il y aura un petit potager collectif rehaussé et un peu plus loin un terrain de pétanque. J’ai hâte qu’on puisse s’y retrouver en été,…

 

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3 réponses à “La vision d’AMPERes sur l’automobile du futur”

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