Pourquoi les pouvoirs publics ont raison d’interdire les motorisations thermiques ?

22 décembre 2017 03:12:56

En laissant de côté les questions du rejet de CO2 et de l’épuisement des ressources hydrocarbures qui devraient être consacrées à la chimie plutôt que d’être « bêtement » brûlées, AMPERes se focalise dans l’analyse qui suit sur le seul aspect sanitaire de la motorisation thermique, sujet constamment minimisé voire occulté par l’industrie automobile et les pouvoirs publics…

 

Si le phénomène de la pollution atmosphérique est connu depuis longtemps, les études chiffrées de son impact sanitaire et la prise de conscience collective de l’importance cruciale de respirer un air de bonne qualité sont relativement récents. Les principaux polluants (particules fines et NOx) seraient responsables de la mort prématurée de 500 000 personnes par an en Europe dont plus de 10 000 en Belgique! L’impact de la seule tricherie du dieselgate a, quant à lui, été estimé à 5000 morts par an en Europe et 38 000 mondialement. Le coût sanitaire global de la pollution atmosphérique en Belgique est évalué entre 10 et 30 milliards par an!

www.lecho.be: Respirer tue 500.000 personnes par an en Europe

www.rtbf.be: Dieselgate: 38 000 décès prématurés en 2015 à cause de la pollution

www.lefigaro.fr: Le « Dieselgate » serait responsable de 5000 morts par an

 

Le paroxisme est atteint dans les mégapoles asiatiques où un smog permanent occulte littéralement le ciel avec un impact sanitaire désastreux de plus en plus dénoncé par des initiatives citoyennes expliquées dans ce court reportage.

 

 

Comme le montre la carte suivante, les lieux les plus touchés dans le monde présentent :

  • soit une densité de population importante;
  • une concentration industrielle conséquente;
  • des normes environnementales faibles;
  • ou une mauvaise dissipation des polluants (villes, montagnes, peu de précipitations,…)

 

Source: UNICEF

 

Si l’Europe de l’ouest peut se targuer d’une récente amélioration de la qualité générale de l’air ces dernières décennies « grâce » à la délocalisation de bon nombre de sites industriels et à des normes environnementales strictes, la situation n’en reste pas moins préoccupante dans les agglomérations où les personnes sensibles (enfants, personnes âgées, femmes enceintes, asthmatiques,…) restent fortement exposées notamment aux émanations des moteurs thermiques d’autant plus que celles-ci sont diffusées directement au cœur de la vie urbaine..

 

Source: UNICEF

 

La liste des méfaits conjugués provoqués par les polluants rejetés principalement par la combustion (moteurs diesel, essence, chaudières, cheminées,…) est très longue:

  • 10% des accidents vasculaires cérébraux (AVC) dans les pays développés et 33% dans les pays pauvres;
  • risques accrus de cancer;
  • réactions inflammatoires;
  • maladies respiratoires (bronchites chroniques,…).

De récentes études, notamment en Belgique, ont également mis en évidence des atteintes significatives sur le cerveau:

  • baisse des performances à l’école les jours de pollution;
  • perte de points de QI pour les enfants vivant à proximité des grands axes;
  • risque accru de démence (Alzheimer);
  • autisme;
  • signes anxio-dépressifs.

www.e-sante.be: La pollution s’attaque aussi à notre cerveau

www.rtbf.be: Le lien entre pollution de l’air et les risques de cancers avéré ?

www.plus.lesoir.be Vivre à côté des grands axes routiers peut augmenter les risques de démence

www.plus.lesoir.be: La pollution de l’air en lien avec les performances à l’école

 

Source: UNICEF

 

En Belgique ce sont les Bruxellois qui sont les plus exposés. Bruxelles a récemment été classée 7ème ville européenne où l’air est le plus dangereux.

www.levif.be: Quelles sont les villes où l’air est le plus dangereux?

 

Pour ceux qui doutent encore de l’impact du transport sur la qualité de l’air, celui-ci a été complètement quantifié et publié en 2012 par Bruxelles Environnement-IBGE lors des journées sans voitures.

L’impact positif d’une journée sans voitures est avéré pour le CO, le CO2, les oxydes d’azote, les émissions acoustiques et le « black carbon » (particules issues principalement des moteurs diesels et du chauffage et de diamètre inférieur aux PM2.5 de 2.5 microns), et ce, particulièrement dans les endroits où il y a un trafic intense, les tunnels et les « canyons urbains » (avenues bordées de hauts immeubles).

www.environnement.brussels: Les effets de « black carbon » sur la santé humaine

Par contre le résultat n’est pas spectaculaire pour les particules plus grosses PM2.5 et PM10.

Pour l’ozone au contraire, la concentration augmente à cause de la diminution de l’oxyde d’azote NO (destructeur d’ozone).

 

http://document.environnement.brussels/opac_css/elecfile/STUD_2012_QualiteAir_JSansVoiture

 

Le problème chronique de la pollution a été récemment dénoncé aux autorités par une centaine de médecins qui réclament légitimement une qualité de l’air répondant aux normes de l’OMS via la sortie du diesel et des transports en communs plus performants.

 

www.dhnet.be: Pollution de l’air: les médecins tirent la sonnette d’alarme

 

Le projet ExpAIR, mené depuis 2014 a permis d’identifier les zones et les conditions qui engendrent la pollution de l’air la plus élevée dans la capitale.

 

Le projet ExpAIR à Bruxelles

 

Suite à la pression populaire, une batterie de mesures fortes entrera en application dès janvier 2018:

  • zone de basses émissions (LEZ pour Low Emission Zone) évolutive par interdiction des véhicules les plus polluants (pour l’instant avant 1997);
  • prise de mesures en cas de pollution en tenant compte des PM2.5 (particules les plus dangereuses) et plus uniquement des PM10;
  • le seuil d’information est valable toute l’année et plus seulement en hiver (incitation aux TEC, co-voiturage, information des personnes sensibles);
  • mesures concrètes si pas d’amélioration comme limitation de la vitesse, contrôles, vélos et TEC gratuits, limitation du chauffage des bâtiments voire interdiction totale de la circulation! Espérons que dans ce cas les véhicules électriques ne seront pas concernés par une telle mesure sans quoi l’ASBL se devra d’interpeller les autorités.

 

www.plus.lesoir.be: Bruxelles durcit un peu son plan en cas de pic de pollution

www.lez.brussels/fr: Zone Low Emission à Bruxelles

 

Bruxelles mais aussi Anvers suivent ainsi la tendance observée dans près d’une centaine d’autres villes européennes. Une évolution qui devrait grandement favoriser l’avènement de la motorisation électrique et surtout le changement indispensable des mentalités qui devra l’accompagner.

 

Le rôle informatif de notre ASBL est, en ce sens, crucial car nous lisons encore fréquemment des articles dans les grands quotidiens belges qui tirent des conclusions inexactes sur la mobilité électrique en se basant sur des chiffres issus d’études obsolètes ou non applicables à notre mix énergétique. Nous ne manquerons pas d’interpeller chaque journal belge qui diffuserait des informations erronées. Ce mois-ci encore, le Vif l’express a relayé la carte blanche suivante:

www.levif.be: De très incertaines zones « basse émission »

qui émet un avis biaisé basé sur une étude du MIT qui comparait deux voiture de gabarit complètement différent (petite Mitsubishi Mirage essence et Tesla Model S P100D qui pèse 2.7 fois plus !) en utilisant un mix électrique trois fois plus carboné qu’en Europe. Un non-sens total d’autant plus que le MIT avait entre-temps déjà dénoncé l’usage hors contexte de son article par plusieurs autres quotidiens comme ont peut le lire dans le lien suivant:

www.novethic.fr: ALIMENTÉE AU CHARBON, LA TESLA MODEL S ÉMET PLUS DE CO2 QU’UNE PETITE VOITURE À ESSENCE

 

Un bon point cependant pour la FEBIAC qui semble avoir bien compris les enjeux économiques, énergétiques, écologiques et sanitaires de la transition électrique. En témoignent ses interventions vis-à-vis du récent article tapageur de test-achats ou encore pour remettre les pendules à l’heure au sujet des particules fines réellement émises par les véhicules électriques.

www.rtbf.be: Le secteur automobile conteste l’étude de Test-Achats sur les véhicules électriques

www.febiac.be: LES VÉHICULES ÉLECTRIQUES ET LEURS PARTICULES FINES FONT COULER BEAUCOUP D’ENCRE (JANVIER 2015)

 

L’équipe d’AMPERes

 

Autres sources et liens utiles:

www.rtbf.be: Qualité de l’air en Belgique

www.plumelabs.com: L’APPLICATION QUI PRÉDIT LA POLLUTION DANS VOTRE VILLE

www.airindex.eea.europa.eu: CARTE INTERACTIVE EUROPEENNE DE LA QUALITE DE L’AIR

www.parismatch.be: http://airindex.eea.europa.eu/

www.fr.wikipedia.org: particules fines

Taille des différentes particules transportées par l’air ambiant, en µm (micron ou millionième de mètre)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une réponse à “Pourquoi les pouvoirs publics ont raison d’interdire les motorisations thermiques ?”

  1. Je suis aussi d’avis que pour combattre les véhicules thermiques, il vaut mieux parler de pollution de que de CO2.
    J’utilise les données de l’Agence Européenne pour l’Environnement, p.ex. la page https://www.eea.europa.eu/airs/2017/environment-and-health/air-pollutant-emissions :
    « Air pollution is responsible for more than 400 000 premature deaths in Europe each year. ».
    Un peu plus loin sur la même page, on lit :
    « NOx: 13 Member States exceeded their emission ceilings in 2010 and six Member States continued to exceed them in 2015 (Austria, Belgium, France, Germany, Ireland and Luxembourg). »
    Une référence à l’Agence Européenne pour l’Environnement a plus de poids que des articles de magazines.

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