Transition vers une flotte automobile à zéro émission en Europe en 2050

02 décembre 2017 10:12:45

Dans le cadre de la mise en place des objectifs de la COP21, la Commission Européenne vient de publier une étude sur la transition vers une flotte de véhicules à zéro émission. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’impact que peut exercer une telle transition à l’horizon 2050 sur les principaux objectifs européens en matière de politique de transport.


Bien que les objectifs initiaux pour le secteur du transport prévoient une réduction de 60% des émissions de GES (Gaz à Effet de Serre) en 2050 par rapport à leur niveau de 1990 (Livre Blanc – Commission Européenne 2011), il est acquis que l’Europe devra décarboner sa flotte de véhicules pour passagers à hauteur de 100% pour répondre aux engagements pris lors de la COP21.

 

Etat des lieux
Au 30/6/2017, la flotte de véhicules électriques représentait 1,2% des ventes totales de véhicules pour passagers en Europe. Ce chiffre peut toutefois évoluer très vite puisqu’en Norvège, la part de marché des ZEV (Zero Emission Vehicle) était de 3% seulement en 2012, et est actuellement de 24%.
Cette part de marché au niveau européen de 1,2% représente la vente de 450 000 véhicules, dont 65% sont full électriques, et 35% hybrides. Les 5 pays principaux sont : l’Allemagne, la France, la Norvège, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, qui représentent ensemble 45% des ventes.

 

Contribution aux objectifs
Les chiffres de cette étude ne concernent que la catégorie des voitures personnelles. La transition vers une flotte de véhicules à zéro émission en 2050 entraînera en Europe une réduction d’émission de CO2 supplémentaire de 2,2 gigatonnes en 2020, et de 3,9 gigatonnes en 2050. Réussir la transition vers une flotte de véhicules ZEV en 2050 permettra de réduire de 184 millions de tonnes CO2 supplémentaires l’objectif initial de réduction de 60% de nos émissions par rapport à 1990.

 

Le niveau de réduction des émissions de CO2 qui sera atteint grâce au secteur du transport sera probablement plus élevé que prévu puisque le secteur de la production d’électricité s’est engagé à atteindre une production 100% renouvelable à l’horizon 2050. Ces chiffres n’intègrent donc pas l’évolution du parc de production d’électricité vers un mix totalement décarboné, mais tiennent compte uniquement de la réduction de CO2 réalisée grâce à la pénétration des ZEV dans le parc automobile européen.

 

Impact financier
La parité coût d’achat ZEV/ICEV (Internal Combustion Engine Vehicle) sera probablement atteinte entre 2022 et 2026, selon les institutions financières. Quant au « Coût Cycle de Vie Complet » (TCO pout Total Cost of Ownership, c-à-d coût d’achat + coût d’utilisation), il sera de 0,04 à 0,06 €/km en faveur du ZEV vers 2030. Mais de nombreux acteurs s’accordent à dire qu’à cette échéance, l’avantage financier en faveur du ZEV sera sensiblement plus élevé.

 

Parallèlement, certains modèles annoncés permettent à plusieurs constructeurs automobiles d’annoncer que cette parité pourrait bien être atteinte dès 2020. Les véhicules conventionnels (ICEV) perdront leur avantage financier une fois que les exigences d’émissions de CO2 les concernant seront abaissées en-dessous de 95 g CO2/km. En-deçà de ce niveau, les coûts de recherche et d’investissements seront tels qu’ils feront basculer l’avantage en faveur du ZEV.

 

Bien que les scénarii modélisés ne constituent pas une prévision du futur, ils tendent à démontrer qu’atteindre une flotte 100% VE à l’horizon 2050 est possible. Outre l’évolution de la technologie et le développement des infrastructures de recharge, le coût d’achat d’un ZEV constitue l’un des facteurs déterminants de cette évolution. Or, avec le peu de recul dont on dispose, on observe déjà une baisse plus rapide que prévue des coûts de production des batteries, autant que des piles à combustible. On constate dès lors que la vitesse de diminution du coût des batteries a constamment été sous-estimée dans les études récentes.

Un coût total appelé à diminuer
Le modèle classique actuel de propriété d’un véhicule individuel est en train d’être fondamentalement modifié : la formule de voiture partagée / location / leasing / facturation au trajet ou au km parcouru se développe plus vite que la détention individuelle du véhicule 100% du temps. De plus en plus d’automobilistes préfèrent simplement utiliser une voiture plutôt que la posséder. Ce changement peut également accélérer le développement du marché des ZEV.


D’une part, les formules de transport multi-modal, incluant le car-pooling géré par une application mobile, sont appelées à se répandre à grande échelle. Et le développement de la voiture autonome aura sans doute un impact significatif sur l’électrification du parc automobile : de nombreux véhicules conventionnels peuvent être ainsi remplacés par des véhicules autonomes électriques.

 

D’autre part, étant donné que le véhicule fait de plus en plus souvent l’objet d’un leasing ou d’une location, la propriété se trouve dans les mains de la société de financement. Or le niveau historiquement bas des taux d’intérêt rend le financement moins coûteux, et les coûts opérationnels d’un ZEV sont moins élevés que ceux d’un véhicule conventionnel. La parité « Coût Cycle de Vie Complet » (TCO) entre un VE et un VTh sera donc atteinte plus rapidement, ce qui est susceptible de donner un coup de fouet au développement de la vente des ZEV.

 

Modélisation de l’impact sur les émissions de CO2
Partant du principe que l’objectif d’une flotte 100% zéro émission sera atteint en 2050, trois scenarii ont été modélisés pour établir des prévisions en matière d’émissions de CO2 :
– ZEV Base Case (part de marché des ZEV : 7,5% en 2020);
– PHEV Bridging (forte part de marché des hybrides en 2030);
– ZEV Leader (part de marché des ZEV : 10% en 2020).

 

 

Les trois scenarii partent de l’hypothèse qu’en 2035, 100% des véhicules vendus seront à zéro émission. Toutefois, les trajectoires pour y arriver diffèrent d’un scenario à l’autre au niveau de la vitesse d’adoption du ZEV, et au niveau du succès de la voiture plug-in hybride en tant que solution alternative. Dans l’hypothèse où la part de marché des ZEV attendrait seulement 70% en 2030, et celle des hybrides 20% (hypothèse pessimiste ZEV Base Case), les émissions de CO2 par km parcouru diminueraient de 125 g en 2020 (norme RDE) à 35 g en 2030.

 

 

V2G 
Une flotte de véhicules passagers 100% ZEV connectée au réseau à hauteur de 5 kW (hypothèse de puissance faible) pourrait constituer une capacité identique à 3000 GW (soit l’équivalent de 3000 réacteurs nucléaires). Une grande partie des capacité constituant les réserves stratégiques ou des capacités en stand-by pourront ainsi être supprimées si une part ne fut-ce que modeste de la flotte électrique est connectée au réseau via le V2G.

 

Bruno Claessens

 

Sources et liens utiles:

http://www.eafo.eu/content/eafo-study-transition-zero-emission-vehicles-fleet-cars-eu-2050

 

 

Une réponse à “Transition vers une flotte automobile à zéro émission en Europe en 2050”

  1. Il est peut être temps que chaque citoyen(ne) européen s’ engage individuellement à diminuer son empreinte carbone , plutôt que d’ acheter des gros SUV de marque allemande ou autres qui ne respectent pas nos poumons
    J’ attends donc un engagement de chacun(e).

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