Appel d’AMPERes : il faut s’engager dans un développement massif des véhicules électriques !

18 novembre 2017 06:11:12

2 études récentes de la V.U.B. et de la CREG montrent que c’est possible, dès aujourd’hui, et très bon pour le climat.

 

Après le récent cri d’alarme de 15.000 scientifiques sur l’état de la planète et alors que s’achève la COP 23 sur la nécessité de redoubler nos efforts pour lutter contre le changement climatique, l’asbl AMPERes[1] attire l’attention des responsables politiques mais aussi de chaque citoyen sur les résultats de 2 études scientifiques belges récentes.

Ces études de la CREG[2] et de la V.U.B.[3] prouvent que nous pouvons nous engager dès aujourd’hui dans l’électrification massive de notre parc automobile. La CREG démontre la possibilité de le faire sans mettre en danger notre sécurité d’approvisionnement en électricité et la V.U.B. prouve que c’est l’un des leviers efficaces pour respecter nos engagements climatiques : les voitures électriques émettent, sur l’ensemble de leur cycle de vie, beaucoup moins de gaz à effet de serre que les véhicules thermiques (essence ou diesel). Il ne faut donc plus hésiter : privilégions sans tarder ce mode de déplacement.

 

Etude de la CREG : 1 à 2 millions de véhicules électriques en Belgique, c’est possible tout de suite

Dans un rapport récemment publié[4] (septembre 2017), la CREG, le gendarme des marchés belges de l’électricité et du gaz, consacre un chapitre à l’impact possible sur notre réseau électrique et sur notre sécurité d’approvisionnement de l’introduction massive de véhicules électriques (VE) sur nos routes.

Leur conclusion est claire: l’arrivée d’un million de voitures particulières électriques sur le marché belge (il y en a moins de 5.000 à l’heure actuelle) ne ferait grimper la consommation d’électricité que de 4 %. Cette hausse de la consommation ne se ferait pas aux dépens de la sécurité d’approvisionnement, pour autant que ces véhicules se rechargent pendant les heures creuses, au moment où la consommation d’électricité est réduite. Or toutes les statistiques prouvent que c’est bien pendant la nuit que la toute grande majorité des VE se recharge, à domicile, notamment pour bénéficier du tarif réduit en heures creuses.

Selon la CREG, il ne faudrait même pas augmenter notre capacité de production d’électricité pour accueillir tous ces VE. La CREG explique qu’au contraire cette consommation nocturne augmentera la rentabilité des outils de production (puisqu’ils produiront plus d’électricité) et que cela aura un impact positif sur les éventuels investissements dans de nouvelles centrales au gaz. 

 

Graphique de la consommation journalière d’électricité en Belgique (courbe bleue). La capacité de production du réseau permet de faire face aux pics de consommation (ligne horizontale rouge). Pendant la nuit, entre 21 H et 7 H, la consommation réduite permettrait d’utiliser la capacité de production excédentaire pour alimenter jusqu’à 2 millions de véhicules électriques. Source : CREG

 

Toujours selon la CREG, les voitures électriques pourraient même devenir une source d’approvisionnement puisque leurs batteries permettraient une augmentation des capacités de stockage : en théorie, 100.000 voitures électriques suffiraient pour quasiment doubler la capacité de stockage électrique existante en Belgique. Ceci permettrait de compenser la variabilité de la production d’électricité renouvelable par les éoliennes et les installations solaires dont la part dans notre mix énergétique ne fera que croître dans le futur.

 

Etude de le V.U.B.[5]  : sur l’ensemble de leur cycle de vie, les véhicules électriques émettent beaucoup moins de CO2 que les véhicules thermiques (essence ou diesel)

Alors que d’anciennes études faisaient état de résultats mitigés voir négatifs en ce qui concerne les émissions de CO2 pour l’ensemble du cycle de vie des VE, une étude récente de la V.U.B. pour le compte de l’ONG Transport & Environment remet les pendules à l’heure.

Les chercheurs expliquent d’abord l’origine de l’extrême variabilité de résultats observés dans la littérature à propos des émissions comparées des VE et thermiques. De nombreuses études se basent en effet sur des données anciennes voire erronées, sous-estimant notamment les durées de vie des véhicules électriques et de leurs batteries. A l’inverse, certaines études ne tiennent pas compte des émissions de CO2 sur l’ensemble du cycle de production des carburants fossiles, notamment lors de leur extraction par des méthodes très polluantes (pétroles de schiste, sables bitumineux, forages off-shore profonds ou en régions polaires, etc.), de leur transport, leur raffinage, leur distribution, etc.

Plusieurs études sous-estiment systématiquement les consommations des véhicules thermiques (cf. scandale VW) et à l’inverse surestiment les consommations des VE, en ne tenant par exemple pas compte de la régénération d’électricité lors du freinage ou de la décélération. En outre les mix de production d’électricité pris en compte pour établir les émissions de CO2 des VE ne prennent souvent pas en considération la progression rapide des énergies renouvelables dans ces mix.

Sur base de données actuelles et réelles, les chercheurs de la VUB ont ainsi établi que sur l’ensemble de leur cycle de vie, et même lorsqu’ils sont alimentés par de l’électricité produite majoritairement par des centrales au charbon très polluantes (comme en Pologne, par exemple), les véhicules électriques émettent significativement moins de CO2 que les véhicules thermiques (-25 %). Alimentées par le mix de production électrique de la Belgique (pas de centrale au charbon, large part de nucléaire et montée en puissance des renouvelables), les VE émettent 65 % de CO2 en moins. Et en Suède, où les énergies renouvelables sont majoritaires, c’est même 85 % en moins. Si l’on tient compte du mix électrique moyen sur l’ensemble de l’Europe, c’est une réduction de 55 % des émissions de GES que les VE permettraient d’obtenir. (Voir graphique ci-dessous).

Les scientifiques ont également extrapolé leurs résultats pour prédire les émissions des VE en 2030 et 2050 si l’UE atteint les objectifs qu’elle s’est fixés en matière de décarbonatation de la production d’électricité (croissance des renouvelables) : en 2030 la réduction des émissions des VE en Europe serait de 66 % par rapport aux émissions des diesel et en 2050 de 80 %. !

 

 

Notons que l’étude s’attache aussi à quantifier les émissions des VE en fonction de la source d’électricité utilisée. C’est quand elles se chargent par de l’électricité produite par des éoliennes que les VE émettent le moins de CO2 sur l’ensemble de leur cycle de vie : 30 g/km contre 210 g/km  pour les véhicules diesel (voir graphique ci-dessus), soit 7 fois moins ! C’est la raison pour laquelle AMPERes a conclu un partenariat avec le fournisseur wallon d’électricité verte COCITER[6] qui vend de l’électricité produite par des coopératives citoyennes exploitant des éoliennes. Ce partenariat permet aux membres d’AMPERes de s’approvisionner chez COCITER à des conditions préférentielles.

 

CONCLUSION :

Les transports sont responsables chez nous de près du quart (24 %) des émissions de GES[7] Pour atteindre sans plus tergiverser les objectifs fixés par les organisations internationales en vue de limiter l’impact des changements climatiques, épargner la planète et garantir l’avenir de l’humanité il faudra impérativement restreindre les émissions des automobiles. L’ASBL AMPERes lance un appel aux instances politiques, aux organisations de la société civile et à tous les citoyens responsables : il faut sans tarder mettre tout en œuvre pour verdir notre mobilité : investir dans les transports en commun, privilégier les modes de déplacement alternatifs (co-voiturage, voitures partagées, … ) mais aussi et certainement s’engager dans l’électrification massive du parc automobile. Comme démontré ici, c’est possible et efficace.

Si des freins à l’adoption d’un véhicule électrique sont encore souvent évoqués (manque d’autonomie, prix), les membres d’AMPERes peuvent témoigner qu’il s’agit à l’heure actuelle de rumeurs peu ou non fondées. Le soi-disant manque d’autonomie des véhicules électriques n’est plus un problème et leur utilisation n’est pas aussi chère que certains le prétendent. Pour le démontrer et délivrer une information objective, basée sur l’expérience de ses membres, AMPERes propose des conférences et des séances d’information. Les entreprises, les associations et les organisations de la société civile qui voudraient en organiser peuvent contacter l’association à cet effet.

 

Pour contacts, interviews ou informations complémentaires :

Bruno Claessens, président : bruno.claessens@amperes.be tél. : 0477.560.022

Bernard Deboyser, administrateur : bernard.deboyser@amperes.be tél. : 0475.800.847

ASBL AMPERes : Association pour la Mobilité Propre Electrique et Responsable.
Bout du Village, 54, 5020 Temploux (Namur)

www.amperes.be

 

[1] L’ASBL AMPERes  (Association pour une Mobilité Propre Electrique et RESponsable) fédère les utilisateurs quotidiens de véhicules 100 % électriques. Elle est constituée de citoyens ordinaires ou de petites entreprises. Elle est totalement neutre et indépendante des industriels ou des professionnels des secteurs de l’automobile ou de l’énergie. L’association est gérée et animée par des citoyens bénévoles, elle n’est financée que par les seules cotisations de ses membres et ne reçoit aucun subside, ni des instances gouvernementales, ni de l’industrie. Par leur utilisation quotidienne de véhicules 100 % électriques, les membres d’AMPERES démontrent qu’il est tout à fait possible, dès aujourd’hui d’adopter ce mode de déplacement propre et durable. Site : www.amperes.be

[2] Commission de Régulation de l’Electricité et du Gaz

[3] VUB : Vrije Universiteit Brussel, université libre néerlandophone de Bruxelles

[4] Voir http://www.creg.be/sites/default/files/assets/Publications/Studies/F1609EN.pdf pages 15 à 19

[5] Résumé et lien vers l’étude (en français) : https://www.amperes.be/2017/11/02/2030-ve-pollueraient-moitie-meme-alimentes-electricite-grise/

[5] Résumé et lien vers l’étude (en anglais) : https://www.transportenvironment.org/press/electric-cars-emit-less-co2-over-their-lifetime-diesels-even-when-powered-dirtiest-electricity

[6] www.cociter.be

[7] Sources : SPW – Agence wallonne de l’air et du climat (AWAC), inventaire mai 2017

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