Le vélo à assistance électrique (VAE), un nouveau souffle de mobilité

26 octobre 2017 11:10:09

Le marché du Vélo à Assistance Electrique (VAE) est en plein boom ces derniers mois. Occasion pour nous d’interviewer à ce sujet Sacha Lyoubovin, utilisateur régulier, mais aussi l’un des membres les plus actifs de notre ASBL :

 

AMPERes : Bonjour Sacha, comment en as-tu été amené à utiliser ce type de mobilité électrique ?

SACHA : Souffrant d’un problème de santé en 2016, le corps médical m’avait interdit la pratique sportive intense sous peine de mettre sérieusement ma vie en péril. Pratiquant le VTT depuis l’adolescence, j’ai dû revoir mes objectifs à la baisse mais il était inconcevable pour moi d’abandonner le deux roues du jour au lendemain. J’ai donc envisagé de m’orienter vers un VTT avec assistance pour m’épauler au milieu des forêts ardennaises.

 

AMPERes : Quel matériel utilises-tu et quelles sont tes premières impressions à l’usage ?

SACHA : J’ai fait le choix d’acheter un VTT full suspendu en 27,5′ avec assistance électrique (VAE) de 250 W. Le premier coup de pédale fût surprenant ! Difficile d’imaginer qu’un si petit moteur pouvait générer autant de puissance. En effet, j’ai fait le choix d’une assistance au pédalier afin de conserver l’équilibre du vélo dans la pratique plus sportive (enduro). Le pédalage est toutefois nécessaire pour profiter de cette assistance.

 

AMPERes : La différence de poids avec un vélo classique est-elle significative  ?

SACHALe poids du vélo est conséquent et se traduit par une plus grande difficulté dans les sauts et la réception. Mais la poussée de l’assistance permet largement de compenser ce bémol. Le vélo est en acier et pèse tous de même 21 kg. Les puristes trouverons cela lourd mais la masse du vélo est bien vite oubliée grâce à cette assistance.

 

AMPERes : Quelles sont les différentes sensations ressenties lors de l’utilisation de l’assistance ?

SACHA : Lors de vos progressions en côte, la puissance exercée sur le pédalier est démultipliée. L’effort fait appel aux groupes musculaires des membres inférieurs pour propulser le vélo mais sollicite également les membres supérieurs pour le maintenir dans la bonne direction. Ceci peut, par contre, se montrer plus compliqué en forêt. L’assistance permet vraiment de soulager la pression exercée et favorise la concentration sur le reste du corps, notamment sur le souffle. De manière plus générale, cela permet une meilleure gestion de l’effort ainsi qu’une meilleure tolérance à la douleur. Ainsi, plus de kilomètres peuvent être avalés sur un seul parcours. Il vous est même possible de gérer votre fréquence cardiaque plus facilement et de rester dans une zone cible d’entraînement sans se focaliser sur le dénivelé positif.

 

AMPERes : As-tu remarqué une amélioration de ton état de forme général malgré l’assistance ?

SACHA : Durant de longs mois j’ai parcouru les sentiers, singletracks et chemins de promenade de nos forêts ardennaises en me focalisant sur ma santé. Le diagnostic du chirurgien fut sans appel : « Monsieur vous avez une excellente condition, je pense que vous pouvez envisager une pratique plus sportive. Restez toutefois prudent ! ». J’étais donc prêt pour retrouver mes sensations d’enduriste en comptant sur mon VAE.  Les ballades, de plus en plus riches en nature, s’allongèrent donc progressivement.

 

AMPERes : Ton usage de plus en plus intensif du vélo t’a-t-il fait remettre en cause ton usage de la voiture pour les trajets courts ?

SACHA : Absolument ! Soucieux de l’impact environnemental de mes choix de mobilité, une question me trottait dans la tête : 

« Pourquoi consommer autant d’énergie pour déplacer les 1400 kg de ma voiture électrique jusqu’à mon lieu de travail situé à 14 km alors que les 21 kg de ce vélo permettent d’arriver facilement au même résultat  ?»

Un rapide calcul s’imposait : mon véhicule consomme environ 15 kWh/100km. Quant à mon vélo, il transporte une batterie de 400 Wh, laquelle me permet de parcourir environ 100 km avant de la remettre en charge. Ceci me permet de déduire que ce vélo consomme 0,4 kWh/100km, soit 37,5 fois moins d’énergie avec de surcroît un bénéfice évident pour ma santé !

 

AMPERes : Et au niveau financier ?

SACHALa voiture électrique s’use et la consommation est à ma charge, c-à-d 4,2 kWh pour un aller-retour domicile-lieu de travail. Le coût mensuel en électricité est donc de 4,2 kWh x 0,23 €/kWh x 20 = 19,32 € (pour un total de 560 km). 

Parlons à présent du vélo. Préalablement, j’ai introduit une demande d’allocation pour mes déplacements. J’ai donc eu la possibilité de profiter de 0,23 €/km parcouru. Soulignant le fait que le trajet sur route était « dangereux » du fait de la densité de circulation et de la vitesse des automobiles, j’ai proposé un trajet de 14 km à travers bois, lequel a été avalisé par ma direction.

Je perçois donc 2 x 14 km x 0,23 €/km = 6,44 € par jour et donc 6,44 € x 20 = 128,8 €/mois. A rajouter à cela l’économie des 19,32 €, ce qui amène à un total de 148 € . Je n’ai pas osé calculer si j’avais dû m’y rendre avec ma vieille fumante…

 

AMPERes : Et en ce qui concerne l’entretien de la mécanique du VAE ?

SACHA :  Oui attention, ne vous y trompez pas ! Le vélo aussi a besoin d’être entretenu. Du matériel est nécessaire : chaîne de vélo, pneus, plaquettes de frein, tenues de vélo,… Ceci m’amène à constater qu’il y a très peu d’économies voire pas du tout en fonction de l’équipement de votre vélo. Néanmoins, vous conservez un vélo en très bon état et vous disposez d’une condition physique sans pareil.

 

AMPERes : Vois-tu un effet positif de ce « mode de vie » sur ta journée de travail ?

SACHA : Justement j’allais venir à cet autre point positif ! Vous partez au petit matin, vous profitez d’un lever de soleil en forêt, vous faites un exercice physique avant d’aller travailler ce qui vous rend plus performant pour la journée. Ainsi que le retour qui vous permettra de souffler après les efforts de la journée. Vous revenez chez vous « bon pied, bon œil ».

 

AMPERes : Les intempéries et le froid n’ont-ils pas constitué un obstacle ?

SACHALe chemin vers mon travail est constitué de sentiers terreux, sapinière, gué, chemins pierreux. Mon objectif était de le parcourir toute l’année en dehors des périodes de chasse (Octobre à Décembre) et ce à tout moment du jour ou de la nuit. En effet, ma profession m’oblige à commencer ou finir un peu n’importe quand !

Les premiers essais furent « laborieux », les pistes empruntées étaient très défoncées et le parcours me conduisit parfois à de lourdes chutes dans la neige ou des glissades sur des plaques de glace dissimulée par des feuilles ou des branches mortes.  Il était courant d’arriver sur mon lieux de travail maculé de boue de la tête aux pieds, obligé par la femme de ménage à me déshabiller à l’extérieur du bâtiment pour éviter qu’elle n’aie à recommencer le travail du matin…Bien entendu, vous aurez compris qu’il est nécessaire de s’équiper pour vous permettre d’effectuer vos trajets quotidiens à vélo.

Les périodes enneigées sont les plus difficiles. Les chemins sont boueux ou peu visibles et obligent le cycliste à redoubler de vigilance. La progression est plus lente. L’assistance est un bon allié mais elle est mise à mal par les températures extérieures. Il sera parfois nécessaires de recharger la batterie sur une prise secteur sur son lieu de travail avant de reprendre la route.

 

AMPERes : Justement parle-nous de la recharge…

SACHAVous disposez d’un transformateur lequel se branche d’une part sur une fiche de la batterie de votre vélo et d’autre part  sur le secteur en 230V. Une recharge complète est réalisée en un peu moins de 3 heures quand la batterie est complètement déchargée. L’autonomie peut varier fortement en fonction de l’assistance désirée, la température extérieure, le dénivelé… les mêmes facteurs que pour une voiture électrique, en somme.

 

AMPERes : Est-ce que tu reviendrais en arrière pour reprendre la voiture ?

SACHA : Que du contraire, depuis le mois d’août 2017,  j’ai fait l’acquisition d’un nouveau vélo de type FAT BIKE lequel n’est pas assisté. J’utilise ce dernier pour me rendre au travail et mes ballades entre amis…

 

AMPERes : Mais qu’est devenu le VAE ?

SACHA : Et bien je l’utilise toujours pour tracter mes deux enfants dans une remorque. Ainsi il m’est possible de profiter de la ballade avec eux sans tirer la langue. Ceci favorise l’échange entre papa et les enfants durant la ballade et de répondre à leurs multiples questions sur les bienfaits de mère nature. 

 

Il me sert aussi de vélo de démonstration pour les nombreuses personnes qui veulent tester le VAE, notamment lors de mes activités avec AMPERes. Cela me permet de promouvoir cette discipline au sein de nos forêts. Il n’est pas rare de croiser certaines de ces personnes au cours de mes randonnées le dimanche matin…

 

AMPERes : Merci Sacha ! Allez on se les fait ces 28 km ?!?

Chemin du travail à vélo et 3 autres vidéos de ballades un peu plus « Rock’n roll » dans les Ardennes

 

 

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