Le marché d’occasion des véhicules électriques

10 juillet 2017 06:07:01

 

Encore marginal et discret, le marché d’occasion des véhicules électriques fait lentement sa place dans le paysage des voitures de seconde main.

AMPERES a interrogé Cédric CHANGEUR, fondateur du site MACALEO, un site qui propose exclusivement des VE ayant déjà quelques kilomètres au compteur.

 

AMPERES : Cédric, que représente aujourd’hui le marché des VE d’occasion ?

CG : Actuellement, le marché de l’occasion est étouffé par les incitants fiscaux au profit des VE neufs. En Wallonie, seule la déductibilité fiscale fédérale de 120% s’applique, mais elle est réservée aux indépendants et entreprises. Par conséquent, le particulier achète souvent du neuf, ce qui est onéreux. Toutefois, avec l’annonce de la fin des incitants fiscaux dans plusieurs pays, la porte est grande ouverte pour que le marché de l’occasion puisse prendre son envol.

 

AMPERES : Il semble y avoir très peu de points de vente, ou de négociants spécialisés en VE d’occasion. Vous confirmez ?

CG : La plupart des concessions les vendent à la marge des véhicules thermiques même si certains constructeurs tentent de créer des labels pour le VE d’occasion. De plus, la plupart des commerciaux ne sont pas formés à la vente de ce type de véhicule. Le client doit donc se renseigner sur internet, ce qui en rebute plus d’un.

 

AMPERES : Quelles sont les principaux freins qui dissuadent les consommateurs d’acheter un VE d’occasion ?

CG : L’ignorance qu’un moteur électrique ne subit aucune usure reste le souci principal. L’avantage avec l’achat d’occasion est son prix bien moins élevé. Le véhicule d’occasion peut alors jouer le rôle de second véhicule de la famille, où il se révélera, à l’usage, bien moins onéreux qu’une voiture thermique (taxe d’immatriculation, consommation, entretiens etc. moins onéreux).

 

AMPERES : L’état des batteries est-il un problème ? Est-il facile à vérifier ?

CG : L’état des batteries peut être un frein à l’achat d’un véhicule électrique d’occasion. Si le propriétaire précédent a effectué par exemple trop de charges rapides ou des charges répétées à 100%, les cellules de la batterie peuvent être détériorées. Pour le vérifier, il faut demander un état de santé de la batterie en concession (SOH) ou le vérifier soi-même via une clef à relier à l’ordinateur de bord du véhicule (chaque marque propose son propre système).

 

AMPERES : Qu’en est-il des VE comme Renault qui ont des contrats de leasing distincts pour le financement des batteries ?

CG : Ce n’est pas un souci car leur décote est plus forte sur le marché de l’occasion et il y a moyen de faire dès lors d’excellentes affaires.

 

AMPERES : On voit des Tesla avec 250.000 km au compteur qui se vendent à des prix très élevés. Cette situation ne risque-t-elle pas de changer très vite avec l’évolution rapide de la technologie ?

CG : Le moteur électrique est increvable (parcourir 1 million de kilomètres est possible). Quant à la batterie, les Tesla bénéficient d’une couverture de 8 ans. De surcroît, les modèles d’occasion avant janvier 2017 offrent un accès gratuit et illimité aux super-chargers Tesla avec une autonomie inégalée par rapport aux autres modèles. Je pense que la technologie évoluera plus en matière de stockage, et sur ce point, Tesla a déjà une longueur d’avance. En conclusion, les prix vont rester élevés encore un temps car outre l’aspect technologique, il y a aussi le positionnement stratégique d’une marque qui fascine.

 

AMPERES : Le VE d’occasion est-il un bon argument à opposer à ceux qui prétendent que la voiture électrique est chère ?

CG : Oui d’autant qu’en Wallonie, en l’absence d’incitant fiscal, il y a moyen de trouver des véhicules de démonstration récents de faible kilométrage avec un prix inférieur de 40% à la valeur catalogue, batteries incluses !

 

AMPERES : Le marché d’occasion ne va-t-il pas décoller une fois que les fleet managers des grandes sociétés auront fait le pas d’investir dans les VE ?

CG : C’est très probable. Les sociétés de taxis et les auto-écoles investissent de plus en plus dans le véhicule électrique pour des raisons économiques avant tout. L’entretien est pratiquement inexistant et le coût au kilomètre ridicule par rapport à un véhicule hybride ou classique. La contrainte est d’investir dans des bornes de recharge où là-aussi les prix ont tendance à se rationaliser.

 

Bruno Claessens

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